Après le fromage et le melon, le sapin de Noël obtient une origine protégée
Après près de dix ans de démarches, le "Sapin de Noël du Morvan", premier de France, a finalement obtenu une indication géographique protégée (IGP) auprès de l'Union européenne, une première du genre pour une production horticole.
"L'indication géographique +Sapin de Noël du Morvan+ (IGP) est inscrite dans le registre de l'Union des indications géographiques", a décrété l'UE dans un règlement d'exécution pris le 24 mars et publié dans son journal officiel. Cette nouvelle IGP, dont les démarches ont été entamées en 2018, entrera en vigueur le 20 avril, précise l'UE.
Le Morvan, massif bourguignon de semi-montagne aux sols pauvres propices à cette culture, est le premier producteur français de sapins de Noël, avec 800.000 arbres environ dont celui qui orne chaque année la cour de l’Élysée. Il se consomme en France un peu plus de cinq millions de sapins, le Danemark se taillant la part du lion.
Selon l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao), seuls quatre produits français, tous comestibles, ont été reconnus en IGP en 2025, dont le melon de Cavaillon, le caviar d'Aquitaine et le pérail (fromage au lait de brebis).
La certification du sapin du Morvan est "la première IGP horticole française en Europe", a souligné mercredi auprès de l'AFP Sylvie Robert, déléguée générale d'Excellence végétale, association de 320 acteurs de la filière végétale qui défend les labels officiels de l'horticulture.
Jusqu'à présent, seuls trois produits horticoles non comestibles bénéficient d'une IGP en Europe: le laurier des Flandres (Belgique), l'azalée de Gand (Belgique) et le rosier de Szoreg (Hongrie).
"C'est une avancée majeure", a expliqué Mme Robert. Car l'IGP, outre l'origine du produit, "impose de s'engager dans une démarche environnementale". Selon l'INAO, le cahier des charges de l'IGP interdit notamment les engrais minéraux de synthèse et impose "des pratiques culturales favorisant la biodiversité (fauche tardive, limitation des traitements chimiques)".
La nouvelle IGP "incite à de bonnes pratiques", acquiesce Christophe Bonoron, président de l'Association française du sapin de Noël naturel (Afsnn). "Ça va dans le bon sens, avec en particulier la suppression des engrais chimiques" et un audit "par un organisme indépendant qui va tout contrôler pour être certifié" IGP du Morvan, se félicite-t-il.
Ces "exigences très fortes" vont établir un "vrai contrôle environnemental" permettant de lutter contre le "sapin-bashing", espère Mme Robert.
F.Gallego--HdM