Le président bélarusse reçu en Corée du Nord par Kim Jong Un
Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a été reçu mercredi par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour sa première visite officielle en Corée du Nord, les deux pays alliés de la Russie étant confrontés à des sanctions occidentales et à des accusations de violations des droits de l'homme.
Une cérémonie de bienvenue pour M. Loukachenko s'est tenue sur la place Kim Il Sung, M. Kim ayant "accueilli avec joie" le dirigeant bélarusse, selon l'agence officielle de presse nord-coréenne KCNA.
M. Loukachenko s'est rendu au palais du Soleil de Kumsusan, où reposent les corps embaumés du père et du grand-père de Kim Jong-un, pour leur rendre hommage, entouré de hauts responsables nord-coréens, selon la même source.
Il a déposé un bouquet au nom du président russe Vladimir Poutine.
La visite de deux jours est destinée à "identifier les domaines clés d'intérêt commun ainsi que les projets les plus prometteurs à mettre en oeuvre", a indiqué l'agence d'Etat bélarusse Belta.
Minsk et Pyongyang ont apporté leur soutien à Moscou dans le cadre de la guerre en Ukraine: Pyongyang a envoyé des troupes terrestres et des armes, tandis que Minsk a servi de base de lancement pour l'invasion russe de 2022.
Alexandre Loukachenko et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un se sont déjà rencontrés en septembre à Pékin, où ils ont assisté à un défilé militaire marquant les 80 ans depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
La visite de M. Loukachenko en Corée du Nord vise à "montrer la solidarité" entre les nations opposées à l'ordre occidental, a estimé l'analyste sud-coréenne Lee Ho-ryung.
"Kim tentera de profiter de cette occasion pour rehausser son profil diplomatique et renforcer la solidarité au sein du bloc dit antioccidental", a-t-elle dit à l'AFP.
Dans une lettre adressée à M. Loukachenko début mars, M. Kim s'était dit "disposé à élargir et à développer les relations traditionnelles d'amitié et de coopération (...) pour les faire passer à un nouveau niveau, plus élevé, en accord avec les exigences de la nouvelle ère", selon KCNA.
"Minsk réaffirme son intérêt à développer activement ses relations politiques et économiques avec Pyongyang à tous les niveaux", a répondu le dirigeant bélarusse.
Outre un traité d'amitié et de coopération, les deux parties vont s'engager à coopérer dans plusieurs domaines, allant de l'agriculture à l'information, a indiqué le chef de la diplomatie bélarusse, Maxim Ryzhenkov, cité par l'agence Belta.
"Notre plus grand intérêt (...) est de renforcer des relations véritablement amicales et de partenariat. Nous avons des amis ici, et ils nous attendent. Tout comme nous les attendons au Bélarus", a affirmé M. Ryzhenkov.
- Camps de détention -
La Corée du Nord fait l'objet de sanctions occidentales, principalement en raison de son programme d'armement nucléaire mais aussi à cause de son soutien à la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine.
Les services de renseignement sud-coréens et occidentaux estiment que la Corée du Nord a envoyé des milliers de soldats en Russie, principalement dans la région de Koursk, ainsi que des munitions dont des obus d'artillerie, des missiles et des systèmes de roquettes.
Environ 2.000 soldats nord-coréens ont été tués et des milliers d'autres blessés, selon les estimations de la Corée du Sud.
Les analystes affirment que la Corée du Nord reçoit en échange de la Russie une aide financière, des technologies militaires, ainsi que des approvisionnements alimentaires et énergétiques.
Le président Vladimir Poutine s'y est rendu en 2024. Cela a permis à Pyongyang de réduire sa dépendance vis-à-vis de son principal soutien de longue date, la Chine.
Les organisations internationales de défense des droits de l'homme accusent le régime nord-coréen de torture, d'exécutions publiques tout comme de mettre en place des camps de prisonniers et de travail forcé.
- Répression -
Au cours de ses trois décennies au pouvoir, Alexandre Loukachenko a sévèrement réprimé toute dissidence et a rapproché son pays de la Russie. L'Occident a imposé de lourdes sanctions à Minsk pour avoir facilité l'invasion russe de l'Ukraine, ainsi que pour la répression des manifestations prodémocratie en 2020.
Mais le président américain Donald Trump a cherché à nouer des liens avec le Bélarus au cours de son second mandat, en assouplissant les sanctions et en l'accueillant au sein de son "Conseil de la paix".
Le Bélarus a libéré des prisonniers ces derniers mois, en grande partie grâce aux efforts des Etats-Unis, dont 250 au début du mois.
Mais des centaines de prisonniers politiques sont toujours détenus, dont beaucoup ont été arrêtés après les élections de 2020, qui ont vu la victoire écrasante de M. Loukachenko, dénoncée comme une mascarade par l'opposition.
Donald Trump a rencontré Kim Jong Un lors de son premier mandat et des spéculations circulent quant à une nouvelle rencontre lorsque le président américain effectuera sa prochaine visite en Chine.
M.Arroyo--HdM