Crise des opioïdes aux Etats-Unis: Purdue Pharma condamné au pénal
Une juge fédérale du New Jersey a condamné mardi le laboratoire américain Purdue Pharma, considéré comme étant à l'origine de la crise des opioïdes aux Etats-Unis, avant l'entrée en vigueur de son plan de faillite.
Le laboratoire et la famille Sackler, qui en était propriétaire, étaient notamment accusés d'avoir fait la promotion d'un médicament anti-douleur, l'OxyContin, en dissimulant son fort potentiel addictif et en versant des pots-de-vin à des médecins, des pratiques qui leur ont rapporté des dizaines de milliards de dollars.
En vertu du plan de faillite, ils devront verser de plus de 8 milliards de dollars dans cette affaire. Purdue Pharma doit par ailleurs être dissoute au 1er mai. Une nouvelle entreprise indépendante, baptisée Knoa Pharma, doit recueillir ses actifs et expertises avec pour mission de "s'occuper de la crise des opiacés".
Elle a également demandé au public de se tenir debout pendant qu'elle lisait à voix haute les noms des plus de 200 victimes pour lesquelles des témoignages écrits avaient été déposés avant l'audience.
"Ces gens ne sont pas des statistiques dans une étude épidémiologique", a-t-elle lancé. Leurs histoires "déchirantes", "doivent être entendues" a t-elle ajouté.
La magistrate a également présenté ses excuses au nom du gouvernement américain, qui a "échoué" à protéger la population face à des pratiques "motivées par l'avidité" de Purdue Pharma, dont "la stratégie était comparable à une entreprise criminelle".
Alors que nombre de victimes dans la salle appelaient à rejeter l'accord — réclamant notamment des poursuites pénales contre la famille Sackler ou une indemnisation plus élevée — la juge a estimé qu'il s'agissait de la "meilleure voie possible" à sa disposition.
Elle a enfin exhorté les avocats chargés de la procédure de faillite à tenir leurs "promesses" d'indemnisation.
Selon les données des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), près de 727.000 personnes sont mortes aux Etats-Unis entre 1999 et 2022 des suites d'overdoses liées aux opioïdes, prescrits ou consommés illégalement.
L.Herrero--HdM