Top 14: Toulouse, l'ombre d'un doute avant la demi-finale contre le Racing 92
Confortable leader du Top 14 pendant toute la saison mais moins souverain en fin d'exercice, le Stade toulousain interroge avant les phases finales de Top 14 où il a l'habitude d'exceller, avec une demi-finale à risque vendredi à Marseille face à un Racing 92 gonflé à bloc.
Solidement installé en tête du championnat presque sans interruption depuis la 8e journée, en octobre, le triple champion de France en titre n'a jamais tremblé pour sa qualification.
Il y a plusieurs saisons déjà que la gestion des doublons avec le XV de France n'est plus un problème et à la fin du Tournoi mi-mars, Toulouse affichait un bilan comptable de 14 victoires pour 4 défaites et 12 points d'avance sur son premier poursuivant.
Mais cette fois le retour des internationaux ne s'est pas passé comme prévu, avec comme gros accroc la défaite contre l'UBB en quarts de finale de la Champions Cup, le 12 avril. Dès lors, face à deux mois sans aucun enjeu réel, les Toulousains ont ralenti le rythme, avec quatre défaites sur les huit derniers matches de championnat.
Symbole de ce coup de mou, même la star Antoine Dupont, revenu plutôt en forme en décembre de sa grave blessure au genou droit, a semblé un ton en-dessous. Puis, victime d'une gêne musculaire, il n'a plus joué depuis plus le 9 mai dernier face à Toulon... au Vélodrome.
Et une autre très grosse tuile est venue plomber la préparation toulousaine: le buteur et taulier Thomas Ramos manquera à l'appel, blessé et pas suffisamment remis pour tenir sa place.
"Cette année, on a battu tous les records de commotions, de blessures", a déploré Mola jeudi. "Être en demi-finales dans le contexte qui est le nôtre, on est un peu les rescapés de l'histoire", a-t-il noté, manière de rappeler que les Toulousains sont les seuls à être au rendez-vous du dernier carré par rapport à la saison dernière.
- Au vert et au calme -
Entre deux eaux depuis deux mois, le club aux 24 boucliers de Brennus, pourra-t-il retrouver l'intensité lors des phases finales? "Tout le monde s'inquiète de savoir si Toulouse est bien. Toulouse est premier. Et vous feriez mieux de vous inquiéter de ceux qui ne sont pas qualifiés", avait sèchement répondu l'entraîneur Ugo Mola après la dernière journée et une défaite 31-20 sur le terrain du Racing 92.
Depuis, les Toulousains se sont mis au vert, avec un désormais traditionnel stage en Espagne près de Gérone, pendant que les Franciliens devaient eux s'arracher pour battre Pau en barrage. Et ils ont coupé toute ouverture médiatique avant l'obligatoire conférence de presse d'avant-match, jeudi au Vélodrome à la veille de la rencontre programmée vendredi (21h05).
"Quand ils ferment les écoutilles, qu'ils descendent dans les eaux profondes, ça veut dire qu'ils se préparent", se méfie Patrice Collazo, le manager des Racingmen, qualifiant carrément les Toulousains de "fossoyeurs".
Les atouts ne leur manquent pas, entre l'expérience d'un club qui a gagné cinq des six derniers titres en Top 14 et deux Coupes d'Europe dans le même intervalle, un effectif rempli de stars et une farouche volonté de marquer l'histoire.
- Intensité -
A l'inverse de Toulouse, le Racing 92 - "une belle bande de mecs costauds" selon Mola - est porté par une dynamique de six victoires sur ses sept derniers matches, dont trois loin de ses bases (Montauban, Clermont, Pau). Et la puissance de l'effectif, tant à l'avant que sur les lignes arrières, a fait très mal aux Palois, également surpris par plusieurs mouvements collectifs.
L'effectif francilien a été chamboulé à l'intersaison, avec une quinzaine de recrues qui semblent avoir enfin trouvé la bonne entente. Même si le spectre plane d'un scénario à la rochelaise, avec une série de six victoires des Maritimes avant d'exploser contre le Stade français en barrage (45-5).
Avantage non négligeable, le vainqueur de cette demie pourra bénéficier d'un jour de plus de récupération en vue de la finale, le samedi 27 juin, par rapport à leur adversaire, Montpellier ou le Stade français, qui s'affronteront samedi, toujours à Marseille.
L.Herrero--HdM