Hantavirus sur un bateau de croisière: deux malades et un cas contact bientôt évacués
Deux membres d'équipage malades d'un navire de croisière, immobilisé dans l'Atlantique en raison d'un foyer d'hantavirus à bord, vont être évacués aux Pays-Bas via le Cap-Vert, permettant ainsi au bateau de reprendre sa route.
Un couple de Néerlandais et une Allemande qui ont voyagé à bord du MV Hondius sont morts, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le navire reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert au large de la côte ouest africaine.
Battant pavillon néerlandais, le navire mouille depuis dimanche près du port de Praia, la capitale cap-verdienne, avec 88 passagers et 59 membres d'équipage de 23 nationalités.
La destination qu'il devait prendre une fois évacués les deux malades et une troisième personne cas contact, n'avait pas été précisée mardi, le croisiériste affirmant qu'il mettrait le cap vers les îles espagnoles des Canaries et l'OMS déclarant qu'il pourrait se rendre soit aux Canaries soit directement aux Pays-Bas.
Il s'agit selon elle de "deux membres d'équipage malades avec des symptômes" - mais dont l'état est "stable" et qui n'ont pas besoin d'être hospitalisés - et d'une personne qui a été en "contact proche" avec un malade et "a développé une légère fièvre". L'OMS avait indiqué que les deux membres d'équipage étaient de nationalité britannique et néerlandaise.
Pour la suite, "le plan initial était que le bateau parte d'ici pour les îles Canaries et le port de Tenerife" mais il "va peut-être se rendre directement jusqu'aux Pays-Bas", a ajouté la responsable, précisant que des discussions étaient en cours entre les autorités sanitaires d'Espagne, des Pays-Bas, du Cap-Vert et l'OMS.
Le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions - qui a indiqué qu'"aucun nouveau cas symptomatique" n'avait été identifié à bord - a de son côté annoncé que les deux malades, "nécessitant actuellement des soins médicaux d'urgence" ainsi que "la personne proche du passager décédé le 2 mai", seront évacués vers les Pays-Bas à une date non précisée.
Il a également assuré que le navire prévoyait de mettre le cap sur Gran Canaria ou Tenerife aux Canaries, "ce qui prendra trois jours de navigation".
- Séquençage "en cours" -
A ce stade, l'OMS suppose qu'un ou plusieurs premiers cas "ont été infectés en dehors du navire" par le virus et qu'il y a eu ensuite "une transmission interhumaine", a déclaré Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.
Toutefois, a-t-elle précisé, il faut que des individus soient vraiment très proches pour une contamination. "Le risque pour le grand public est faible. Il ne s'agit pas d'un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19".
Après celle d'un Britannique, l'organisation a confirmé lundi la contamination d'une passagère néerlandaise de 69 ans, décédée le 26 avril, pour un bilan revu à deux cas confirmés et cinq autres suspects.
Cette femme avait été débarquée sur l'île de Sainte-Hélène (Royaume-Uni) le 24 avril avec le corps de son mari de 70 ans, mort à bord le 11 avril, et sur lequel aucun test microbiologique n'avait été effectué. Après avoir à son tour présenté "des symptômes gastro-intestinaux", elle avait embarqué le 25 avril dans un avion pour Johannesburg où elle est décédée le lendemain.
Une infection à hantavirus peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Le couple avait voyagé en Amérique du Sud, notamment en Argentine, avant le départ de la croisière le 1er avril, a ajouté l'OMS, précisant que des recherches avaient été lancées pour "retrouver les passagers" du vol Sainte-Hélène/Johannesburg emprunté par cette Néerlandaise.
Selon l'autorité sanitaire de la province argentine de la Terre de Feu, dont Ushuaïa est la capitale, le MV Hondius avait fait l'objet des contrôles de rigueur avant son départ de cette ville. Elle a également jugé "très improbable" que la maladie ait été contractée localement.
Selon Mme Van Kerkhove, le variant du virus n'a pas encore été identifié. "Le séquençage est actuellement en cours" en Afrique du Sud "et nous espérons obtenir un résultat prochainement", a-t-elle déclaré, ajoutant que l'"hypothèse de travail" était celle d'un virus des Andes, le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée entre contacts a été documentée.
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C.Valero--HdM