Les marchés mondiaux scrutent le discours de Kevin Warsh
L'attention des marchés financiers reste focalisée vendredi sur le discours du président de la Réserve fédérale (Fed) Kevin Warsh à Jackson Hole, duquel les investisseurs espèrent tirer des indices sur le futur de la politique monétaire.
Le président de la Fed a estimé vendredi que l'inflation était "préoccupante" aux Etats-Unis et qu'il pouvait "difficilement" qualifier la politique monétaire de "restrictive", des propos dénotant une certaine fermeté avant la prochaine réunion sur les taux d'intérêt.
La hausse des prix aux Etats-Unis était de 3,7% en juillet selon l'indice PCE quand la Fed vise 2%.
Les résultats de Nvidia et la réunion annuelle des Banquiers centraux de Jackson Hole dans l'ouest des Etats-Unis, où Kevin Warsh s'exprime pour la première fois "ont été les deux événements déterminants de la semaine" commentent les analystes de Natixis.
"L'un attirant les capitaux vers les valeurs technologiques à très forte capitalisation, l'autre maintenant les marchés de taux sous tension", ont-ils ajouté.
La Fed n'a pour le moment pas touché à ses taux depuis décembre 2025 malgré les pressions exercées par la flambée des prix de l'énergie avec la guerre au Moyen-Orient.
Le discours de Kevin Warsh est d'autant plus suivi qu'il est resté très prudent dans sa communication depuis sa prise de fonctions en mai.
"Cet événement revêt une importance particulière, car les présidents de la Fed profitent souvent de cette prise de parole pour faire des annonces majeures ou envoyer des signaux concernant la politique monétaire", relèvent les économistes de la Deutsche Bank.
Vers 14H00 GMT, le dollar prenait 0,21% face à la monnaie européenne, à 1,1630 dollar pour un euro.
Sur les marchés boursiers européens, la Bourse de Paris prenait 0,97%, Francfort gagnait 0,51%, Londres 0,28% et Milan 0,65% vers 14H00 GMT.
A New York, dans les premiers échanges, le Dow Jones gagnait 0,16%, le Nasdaq reculait de 0,14% tandis que l'indice élargi S&P 500 grappillait 0,02%.
- La France attend Fitch -
En France, les marchés gardent un oeil sur la situation budgétaire et politique du pays, alors que l'agence Fitch réévaluera vendredi soir la note attribuée à la dette.
Cette évaluation intervient quelques semaines avant la présentation du dernier budget du gouvernement avant l'élection présidentielle de 2027 et alors que cette question est au cœur des débats dans le pays.
L'Insee a révisé vendredi à la baisse le PIB du deuxième trimestre, à 0%, contre +0,2% auparavant, et a fait état d'une hausse de l'inflation, à 2,4% en août, contre 2,1% en juillet.
Le taux d'intérêt français à échéance dix ans s'affichait à 4,10% vers 14H00 GMT, comme la veille en clôture. Son équivalent à 30 ans s'est envolé à 4,92%.
Son équivalent allemand, référence en Europe, atteignait quasiment 3,26%, contre 3,25% jeudi soir.
- Le pétrole recule -
Sur les marchés pétroliers, les prix "ont fortement chuté cette semaine, le marché ressentant de plus en plus que Washington et Téhéran cherchent à sortir d'un conflit qui a imposé un lourd coût économique aux deux camps", rappelle Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières pour Saxo Bank.
Les cours reculaient toujours vendredi. Vers 14H00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, évoluait à 89,00 dollars (-0,78%), et son équivalent américain, le WTI, perdait 1,26% à 82,48 dollars.
L'Iran et Oman, tous deux riverains du détroit d'Ormuz, qui négocient depuis des semaines les futures modalités de passage, ont dit discuter d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" et prévoyant une opération de déminage.
L'Iran verrouille ce passage par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, en représailles à l'attaque israélo-américaine sur son sol fin février, et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre.
G.Campos--HdM