"Ras-le-bol des bas salaires": la fonction publique dans la rue pour son pouvoir d'achat
"C'est injuste", "ras-le-bol des bas salaires": plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont élancées mardi un peu partout en France, à l'appel d'une large intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul de son pouvoir d'achat et demander davantage de moyens, avec des pompiers en nombre à Paris.
"Augmentez les salaires !", "Blocage des prix", "Des hôpitaux aux assos, mêmes attaques, mêmes combats !", pouvait-on lire sur des pancartes dans la manifestation parisienne, qui s'est élancée vers 14H00 de la place de la République aux cris de "Des moyens, des moyens, sinon ça sert à rien" ou "Le travail c'est la santé, mais mon dos il est cassé".
Échaudées par la décision du gouvernement de geler à nouveau le point d'indice des fonctionnaires dans son projet de budget 2027, la CGT, FO, la CFDT, UNSA, la FSU, Solidaires, CFE-CGC et la FA-FP ont appelé à la grève et organisé plus de 170 manifestations à travers le pays.
Mots d'ordre: réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des "moyens budgétaires à la hauteur" des missions des services publics.
Près de 10% d'agents de la fonction publique d'Etat étaient en grève à la mi-journée (9,64%), 5,68% de ceux de la fonction publique territoriale et 4,5% de ceux de la fonction publique hospitalière, selon les chiffres du ministère de l'Action et des Comptes publics. Chez les enseignants, un peu plus d'un sur dix (13,71%) étaient en grève, selon le ministère de l'Education nationale.
- "Avertissement" -
Dénonçant un budget "dangereux", elle a lancé un "avertissement" au gouvernement, à deux jours de la présentation du budget: "Pas question qu'ils fassent encore une fois les poches aux travailleurs, aux retraités".
"Il y a des revendications très claires : c'est le pouvoir d'achat des agents publics qu'ils soient fonctionnaires ou contractuels", a renchéri Marylise Léon, numéro un de la CFDT. "On joue la survie des services publics."
Le pouvoir d'achat est l'un des mantras du jour pour les syndicats, qui dénoncent l'érosion du niveau de vie des fonctionnaires, grignoté par l'inflation et l'absence de revalorisation du point d'indice ces dernières années.
La CGT a promis une "journée noire" dans la fonction publique, et les autorités s'attendaient à voir défiler à Paris entre 20.000 et 40.000 personnes, hors pompiers.
A Paris, plusieurs milliers de pompiers, mis à rude épreuve cet été lors d'incendies historiques, se sont élancés dans un cortège à part, parti de la place d'Italie.
Les pompiers "se sentent méprisés au regard de l'absence de réponse concrète", a expliqué Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).
- "Mode dégradé" -
Ailleurs en France, près de 6.000 personnes se sont mobilisées à Lyon en fin de matinée, selon les autorités. "À l'école, on enseigne en mode dégradé depuis 20 ans", a regretté Bruno, 60 ans, professeur de mathématiques à la retraite en collège qui a souhaité rester anonyme. "Je suis bien content de m'arrêter."
A Marseille, 30.000 personnes ont manifesté dans la matinée, selon la CGT, 3.800 selon la préfecture, dont 350 lycéens. "Ça fait presque 26 ans que je suis fonctionnaire, et j'ai un salaire de 1.700 euros. C'est la honte", a témoigné Saïnya Moknine, 47 ans, agente de mairie.
"Ras-le-bol des bas salaires", ou "La France crame, vos pompiers avec", pouvait-on lire à Nantes sur des pancartes.
Parallèlement, la journée de mardi a été marquée par la poursuite des blocages de lycées, mouvement lancé la semaine dernière en banlieue parisienne. Le ministère de l'Education a recensé 338 établissements concernés depuis le début de la journée.
Côté transports, les réseaux grandes lignes SNCF et RATP n'étaient que ponctuellement touchés.
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N.Calero--HdM