Les lycéens de nouveau dans la rue mardi pour un acte V du mouvement
Estimant n'avoir reçu "que des miettes", les lycéens appellent mardi à une nouvelle journée nationale de manifestations, alors que le gouvernement espère une décélération du mouvement à l'approche des vacances scolaires.
A Paris, la manifestation étudiante et lycéenne s'élancera à 14H00 de la place d'Italie pour rallier les Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l'Education.
"Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher", a annoncé l'Union étudiante sur X, alors que des organisations lycéennes et étudiantes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans la capitale, un appel à une autre manifestation, de l'Hôtel de ville vers Matignon, non déclarée, circule sur les réseaux.
A l'appel de cet acte V, l'Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de Parcoursup - également réclamée par le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon - et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.
Les manifestants espèrent faire la jonction avec la mobilisation "contre la vie chère", prévue samedi au premier jour des vacances de la Toussaint.
"Le 17, c'est la réunion des causes, il ne va pas y avoir que nous, il y aura des mères et des pères de famille, des travailleurs qui vont nous rejoindre, donc c'est très important", anticipe Félix Nifaut, en terminale à Muret, près de Toulouse.
De son côté, le gouvernement dit constater une décélération du mouvement. Lundi, 96,5 % des établissements étaient ouverts avec 130 établissements fermés, contre 172 vendredi, selon le ministère de l'Education, qui ne communique toutefois pas sur le nombre d'établissements dont l'activité est perturbée par des blocages.
- "Dans le calme, dans l'ordre" -
Mais si le "mouvement recule nettement", les "violences s'intensifient", estime le ministère, avec encore "au moins huit personnels" de l’Éducation nationale blessés lundi, notamment dans les académies de Créteil, Bordeaux et Lyon.
La mobilisation doit se faire "dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens", a demandé le président Emmanuel Macron, dont la parole est rare depuis le début du mouvement lycéen.
Démarré mi-septembre en région parisienne, il s'est étendu partout en France pour demander plus de moyens et protester contre la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés.
Après avoir privilégié une réponse de maintien de l'ordre face à la multiplication de scènes de violence et d'affrontements - un mineur a notamment eu une main arrachée à Lens, un autre a perdu un œil à Tours - le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans convaincre les organisations lycéennes.
Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a promis que 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique. Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ce "déploiement a commencé".
Sébastien Lecornu a aussi indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant "certaines propositions formulées" sur la plateforme de concertation lancée à l'adresse des lycéens. Près des trois quarts des contributions y concernent les emplois du temps surchargés et la moitié des problèmes de bâtiments.
De source policière, entre 130.000 et 200.000 personnes sont attendues au total mardi dans les rues.
Mardi dernier lors de la première journée de manifestations, entre 266.000 (selon les autorités) et 450.000 manifestants (selon les organisateurs) avaient été recensés dans l'Hexagone, dont entre 56.000 et 100.000 dans la capitale.
Jeudi, des rassemblements ont réuni des dizaines de milliers de personnes, notamment place de la Bastille à Paris, avec au total 71.500 manifestants recensés en France par le ministère de l'Intérieur.
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N.Carrasco--HdM