Suède : le parlement refuse de désigner la dirigeante social-démocrate comme Premier ministre
Les députés suédois ont refusé jeudi à une large majorité la désignation de la cheffe sociale-démocrate Magdalena Andersson pour former un nouveau gouvernement, après les élections que la gauche a remportées d'un cheveu en septembre.
Le vote avait pour but de tenter de débloquer la situation politique, alors que ni la gauche ni la droite ne sont jusqu'à présent parvenues à former un gouvernement. Mme Andersson, première femme Premier ministre en Suède de 2021 à 2022, a déjà échoué deux fois dans ses tentatives pour former une coalition faisant coexister les centristes et la gauche radicale.
Le président du Parlement Andreas Norlén dispose de quatre occasions pour proposer un candidat au vote du Parlement, après quoi de nouvelles élections doivent être convoquées.
Selon les observateurs, les partis vont être soumis à une pression croissante pour accepter des compromis sur leurs "lignes rouges", à mesure que l'hypothèse de nouvelles élections prendra corps.
Lors du scrutin du 13 septembre, le bloc d'opposition de centre-gauche a remporté 176 sièges contre 173 pour le bloc de droite du Premier ministre sortant Ulf Kristersson, qui inclut les Démocrates de Suède, hostiles à l’immigration.
Au sein du bloc de Mme Andersson, le Parti du centre a déclaré qu'il s'opposerait à tout gouvernement incluant des postes ministériels pour le Parti de gauche, lequel a de son côté insisté sur le fait qu'il ne soutiendrait qu'un gouvernement de gauche dont il ferait partie.
Magdalena Andersson a déjà tenté deux fois de former un gouvernement, mais était arrivée à la conclusion mardi que les conditions n'étaient actuellement pas réunies".
Jeudi, les députés ont voté contre sa nomination au poste de Premier ministre par 248 voix, 99 voix se prononçant en sa faveur.
"C'était entièrement attendu", a déclaré Mme Andersson aux journalistes après le vote. "Après les élections, nous nous sommes retrouvés dans une situation compliquée au Parlement suédois, avec une longue liste de blocages à gauche, au centre et à droite", a-t-elle souligné.
Le président du Parlement devrait maintenant engager des discussions avec les chefs de parti avant de décider à qui confier la tâche de tenter de former un gouvernement.
J.Lozano--HdM