Cyclisme: au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, la folie Seixas
A ne plus savoir où donner tête ! Demandes de selfies et d'autographes, pancartes à son effigie, cris et salves d'applaudissements à la moindre de ses apparitions: Paul Seixas mesure sa popularité naissante cette semaine au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, un avant-goût de ce qu'il vivra le mois prochain au Tour de France.
Jeudi au départ de la 5e étape à Saint-Chamond dans la Loire, le Lyonnais, actuellement 10e de la course dont il est le favori, joue à domicile, "pas loin de chez mes parents, de chez moi, sur mes routes d'entraînements", explique-t-il sur le podium signature devant une foule venue "rien que pour lui".
"Paul, il est licencié dans mon club. On l'adore. Il va gagner le Tour", s'enflamme Thibaut, jeune coureur (12 ans) affilié à La Motte-Servolex Cyclisme.
Gagner le Tour, rien que cela ! Les fans présents depuis le départ de l'ex-Dauphiné, samedi à Vizille, en sont pour la plupart convaincus.
"Sans doute pas cette année mais très bientôt", estime un autre aficionado.
Le speaker de l'épreuve, Marc Chavet, en rajoute une couche alors que le vainqueur de la Flèche wallonne rejoint la ligne de départ: "Voici celui que la public attend pour succéder à Bernard Hinault, le dernier vainqueur français du Tour".
C'était en 1985. Il est donc demandé à une jeune homme de 19 ans de combler un manque de 41 ans. Une éternité. Et une sacrée pression qui semble pour le moment ne pas peser sur la pépite de la formation Décathlon CMA CGM qui découvrira la Grande Boucle le mois prochain.
Conscient de la "hype" autour de son coureur, le manager de la formation française Julien Jurdie refuse toutefois "de déjà se projeter sur le Tour", même si "Paul est un phénomène de précocité et que ses "datas sont incroyables".
"Il reste humble, lucide et a encore besoin d'être accompagné même s'il est extrêmement pointu pour son âge et veut tout maîtriser, de la nutrition jusqu'à la tactique", poursuit celui qui avait dirigé un autre Français très populaire, Romain Bardet 2e du Tour 2016.
- Santé mentale -
Au milieu de ce concert de louanges, Paul Seixas reste "tranquille". "C'est dans ma nature, je suis quelque de confiant et de calme".
"Je crois que Paul ne se rend pas compte de tout ce qu'il représente. Il ne réalise pas tout à fait, pas encore du moins, à quel point le Tour de France est un événement immense, et à quel point il va le devenir pour lui", estime son directeur sportif Luke Rowe.
Accueilli dans une petite salle surchauffée par une trentaine de journalistes samedi à la veille du Tour Aura, Seixas avait simplement fait part de son "plaisir" d'être là, au départ d'une épreuve dont il avait pris la 8e place un an plus tôt alors qu'il découvrait le haut niveau d'une épreuve de ce standing.
Et quand la question de la santé mentale lui a été posée, le jeune homme a presque été étonné.
"La préparation mentale, honnêtement, j'ai un suivi qui est assez léger. Je n'ai jamais eu vraiment trop besoin de cela, même si on peut se dire que c'est toujours important", a-t-il expliqué.
"Après, bien sûr, s'il y a des moments qui sont difficiles, peut-être que là, j'irai chercher quelqu'un pour m'aider là-dessus. Mais dans l'équipe, on est vraiment bien entourés. Donc si jamais j'ai besoin, j'aurai toujours de l'aide", a-t-il expliqué.
Seixas est en effet choyé par son entourage professionnel. Il est d'ailleurs le seul coureur du peloton à être assisté par sa propre attachée de presse, Dominique Issartel, une ancienne journaliste de L'Equipe.
Quant au responsable de la performance chez Décathlon, Jean-Baptiste Quiclet, il veille aux "bonnes dispositions environnementales qui permettent à Paul de lâcher prise une fois sur le vélo".
"Nous dialoguons beaucoup avec lui car il a besoin de savoir où il va et comment il y va pour donner le meilleur de lui-même en course".
L.Bautista--HdM