La Bourse de Paris en forte baisse, les taux d'emprunt français remontent
La Bourse de Paris a terminé en forte baisse mercredi, plombée par la remontée des cours du pétrole et celle des taux d'intérêt scrutés de près par les marchés, après une brève pause la veille.
Au total, l'indice CAC 40 a perdu 95,86 points à 7.779,21 points (-1,22%) après son redressement de la veille (+0,40 %).
Le mouvement de défiance des investisseurs a particulièrement pénalisé les banques (Société Générale -5,01% à 63,94 euros, BNP Paribas -3,88% à 91,4 euros) et les valeurs technologiques liées à l'intelligence artificielle (IA), à l'instar du fabricant de semi-conducteurs STMicroelectroncics (-4,05% à 49,89 euros).
Dans le même temps, le taux d'emprunt français à dix ans a subi la volatilité des marchés, terminant à près de 4,87%, contre moins de 4,75% la veille, avec une pointe à 4,92% vers 14H00 GMT.
Comme les autres économies, la France a subi la remontée des cours du pétrole, qui alimente les risques d'inflation face auxquels banques centrales et investisseurs remontent leurs taux.
Sur le marché obligataire, la France paie une prime de risque supplémentaire en raison de sa dette à 119% du PIB et son gouvernement sans majorité pour faire adopter le budget 2027, sur fond de campagne présidentielle qui alimente le sentiment d'incertitude politique.
"C'est un cercle un peu vicieux, parce que plus les taux montent (...) plus les craintes se renforcent sur les déficits publics, et donc sur la capacité des États à se financer ou à se refinancer dans de bonnes conditions, et cette crainte même alimente la hausse des taux", résume Alexandre Baradez d'IG France, joint par l'AFP.
La question des taux s'invite déjà dans la campagne présidentielle. La favorite des sondages Marine Le Pen a jugé "essentiel d'engager une discussion avec la BCE pour qu'elle intervienne et allège le poids des taux d'intérêt" en présentant la veille son programme économique.
La BCE "n'est pas là pour traiter les problèmes budgétaires des pays, elle est là pour lutter contre l'inflation et pour avoir une inflation autour de 2%", a rappelé le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin, mercredi matin sur France Inter.
Sur le marché des matières premières, les cours du pétrole sont repartis à la hausse une bonne partie de la journée avant de se tasser au moment de la clôture des marchés en Europe, avec le baril de Brent à 100,70 dollars (+0,12%) et même un recul du WTI américain (-0,76% à 88,76 dollars).
Entre-temps, les États membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont indiqué qu'ils se tenaient prêts à "libérer davantage" de réserves stratégiques de pétrole, y compris de gazole, à l'issue d'une réunion mercredi.
K.Sosa--HdM